Le carnet de santé et l’examen des organes génitaux externes des petites filles

En juin dernier, le Haut Conseil à l’Egalité mentionnait dans son rapport sur violences gynécologiques et obstétricales, que la non-prise en compte de la gêne de la patiente, liée au caractère intime de la consultation était un acte sexiste. Pour illustrer cette forme de sexisme, je me suis replongée dans l’avalanche d’insultes qui m’ont été proférées deux mois plus tôt, lorsque j’ai dénoncé sur twitter la recommandation d’inspecter chaque année les organes génitaux des petites filles.

Comme vous pouvez le voir ci-contre (cliquez pour agrandir), il est écrit dans le nouveau carnet de santé sur la page illustrant les courbes de croissance des filles de 1 an à 18 ans : « Au moins une fois par an, l’enfant sera mesurée et pesée déshabillée, et le suivi pubertaire sera assuré par une inspection des organes génitaux externes ».

Un tel examen intime n’est pas neutre pour l’enfant qui le subit. Il ne devrait donc être proposé que pour des raisons médicales établies. Il est pourtant difficile de trouver une justification de cette pratique annuelle de routine imposée à l’ensemble des filles (et des garçons). En revanche, l’impact négatif d’un tel examen est assez évident, puisqu’il envoie le message à l’ensemble des enfants que leur corps ne leur appartient pas et que certains adultes peuvent y accéder tous les ans sans la moindre justification, ni information, ni consentement, puisqu’il s’agit de suivre leur carnet de santé.

J’ai donc posté cette information sur twitter, ce qui a suscité un immense cafouillage dans les tentatives de justification de médecins et de futurs médecins et, pire encore, des tonneaux d’insultes à mon égard de la part de soignants. Ils ne semblaient manifestement pas supporter que des non-médecins s’interrogent sur une recommandation sans fondement médical d’un carnet destiné à des millions de parents.

Le rapport bénéfice-risque d’une pratique

Très vite, j’ai reçu des témoignages confirmant qu’un tel examen peut être mal vécu, et même traumatisant au point d’entacher la confiance d’un enfant envers les soignants, voire qu’il peut détourner définitivement des patients du monde médical.

L’enjeu est bien la question du bénéfice-risque. Le bénéfice d’un examen médical doit être suffisamment important pour dépasser ses inconvénients et ses risques. Si un examen vise  l’ensemble de la population pour détecter une maladie très rare, en utilisant une méthode gênante, douloureuse, voire traumatisante (alors que des alternatives existent), et que cette pratique conduit un pourcentage plus grand de personnes à fuir par la suite les examens médicaux y compris lorsqu’ils s’avèrent nécessaires, le rapport bénéfice-risque est mauvais du point de vue de la santé publique.

En plus du rapport bénéfice-risque propre au soin, les médecins sont guidés par l’adage primum non nocere : d’abord ne pas nuire.

Le carnet de santé recommande d’assurer un suivi pubertaire. Il s’agit donc, a priori, de déceler les situations de puberté précoce ou tardive. Comme une des manifestations courantes de la puberté est l’apparition de poils sur le pubis, il serait tout aussi efficace et bien moins intrusif de poser directement à l’enfant ou à l’adolescent·e la question de la présence de poils, et de ne réserver un examen des organes génitaux qu’aux situations ambiguës. De cette façon, cet examen ne serait plus imposé aveuglément à tous et toutes, mais ne serait pratiqué que suite à un signe d’appel, et serait donc médicalement justifié.

En réponse à mon tweet, certains médecins ont précisé qu’ils ne pratiquaient jamais cet examen des organes génitaux externes des enfants parce qu’ils n’en voyaient pas l’intérêt. D’autres le faisaient à certaines occasions, mais jamais de routine ni chaque année. Au regard de ce qui va suivre, il s’agit probablement là des réactions les plus intelligentes des soignants.

La cacophonie des (futurs) médecins

Lorsque je ai demandé la justification médicale de cet examen annuel des organes génitaux des filles entre 1 an et 18 ans, j’ai été confrontée à une immense cacophonie, chacun y voyant une raison médicale différente et par ailleurs contradictoire avec l’idée d’un examen annuel imposé à toutes les filles, sans discernement, de 1 an à 18 ans.

Certains médecins ont été encore plus directs dans les insultes à mon égard (je vous épargne leurs tweets peu bienveillants pour des futurs soignants, mais vous les retrouverez aisément sur ce réseau social). L’un d’entre eux a même pris la peine d’écrire un article de blog qui m’insulte, mais qui ne contient aucune réponse à ma question.

Une série d’étudiants en médecine ont également réagi à mon tweet en fustigeant les parents irresponsables qui soustraient leurs enfants à l’examen annuel de leurs organes génitaux, accusant ces parents – forcément idiots – de tout ignorer des risques qu’ils faisaient courir à leur descendance. Sans donner non plus la moindre explication sur l’intérêt de cet examen.

Certains soignants ont néanmoins tenté les réponses que voici.

La première explication donnée est que cet examen est aussi imposé aux garçons pour vérifier si leurs testicules étaient bien descendus, et qu’il est inadmissible que je ne pointe que l’examen génital des petites filles dans mon tweet, preuve d’un sexisme éhonté de la part de la féministe que je suis. Je n’ai pas reçu de réponse lorsque j’ai demandé le pourcentage de filles qui avaient aussi des problèmes de descente de testicule.

Beaucoup de réponses ont tourné autour de la détection de la puberté précoce, mais aucun (futur) soignant n’a pu me convaincre de l’intérêt de détecter une puberté précoce chez une adolescente de 14, 15, 16, 17 ou 18 ans, conformément à la recommandation du carnet de santé.

Quant à ma suggestion de poser la question à l’enfant de la présence de poils pubiens plutôt que lui baisser la culotte (surtout chez des enfants de 8 ou 9 ans, c’est-à-dire un âge où beaucoup d’entre eux sont doués de la parole et ne veulent plus exposer leurs organes génitaux à leurs parents), elle n’a pas suscité l’adhésion des soignants, en raison de la crainte d’un mensonge. Plusieurs tweets ont abondés sur les dangers des patients qui ne disaient pas la vérité à leur médecin, qui lui cachaient certaines choses, et, plus globalement sur le peu de crédit qu’il fallait accorder à leur parole. Parallèlement à ces réflexions, je répondais à des tweets qui m’accusaient de détruire la confiance des patients envers les médecins, ce qui allait conduire à des catastrophes sanitaires d’ampleur mondiale. Ces échanges sont l’illustration de la volonté de soignants d’établir une relation asymétrique entre médecins et patients : non seulement une relation sachant / ignorant qui permet une domination du médecin sur son patient, mais également une exigence de confiance presqu’aveugle du patient envers le médecin alors que ce dernier se doit d’être méfiant à son égard.

Pendant trois jours, des soignants ont tenté de me lister des maladies rares que cet examen pourrait détecter, chacun y allant sur le mode « moi, mon expérience personnelle » et jamais sur base scientifique. Et de citer notamment les ovaires polykystiques. Ces derniers sont facilement détectables par une échographie ou un examen gynécologique, mais ils le sont beaucoup plus difficilement par simple observation des organes génitaux externes chez les petites filles, surtout s’il n’y a pas de signes de puberté pathologiques. Il ne s’agit dès lors toujours pas d’une raison convaincante pour imposer cet examen annuel à l’ensemble des filles. Je rappelle en outre que le carnet de santé ne mentionne pas que cet examen des organes génitaux externes vise le dépistage de maladies rares, mais qu’il a pour objectif un suivi pubertaire.

Comme autre raison invoquée pour cet examen figure la détection des mutilations génitales. L’intention est certes bonne, mais cela justifie-t-il un examen annuel de routine imposé à l’ensemble des enfants chaque année, y compris chez toutes les filles qui n’ont aucun lien culturel avec les pays dans lesquels ces mutilations ont lieu ? Et est-ce bien judicieux et respectueux que n’importe quel médecin cherche à examiner les organes sexuels externe d’une adolescente originaire d’un pays où cette pratique existe, plutôt que lui poser la question ou de l’orienter vers des associations ayant plus d’expérience dans la détection et la prise en charge de ces mutilations ? Quoi qu’il en soit, une fois de plus, le carnet de santé ne précise pas cet objectif, en se contentant de mentionner le suivi pubertaire.

La dernière tentative d’explication de cette recommandation est qu’il permettrait aux médecins de détecter des situations de violences sexuelles sur les enfants. Une fois de plus l’intention est louable, mais, d’une part, un examen des organes génitaux externes ne permet de détecter que des sévices sexuels laissant des traces (et donc passer à côté de nombreux autres abus) et, d’autre part, de l’aveu-même du médecin qui a avancé cette explication, la plupart des parents maltraitants mettent en place des stratégies pour soustraire leurs enfants de visites médicales régulières afin qu’ils ne soient pas identifiés. Cette recommandation de l’examen annuel des organes génitaux externe n’est donc pas l’outil le plus adéquat pour répondre à cet objectif.

Malgré toutes ces explications, il faut noter qu’aucun (futur) soignant ne m’a transmis ni un rapport officiel qui explicite cette recommandation d’examen annuelle des organes génitaux externes, ni une étude prouvant son intérêt, ni une analyse de son rapport bénéfice-risque, ni un lien vers des explications complémentaires, ni un guide de bonne pratique pour les médecins quant au déroulé et aux objectifs de cet examen.

La justification du ministère de la santé

Interrogé par la journaliste de l’Obs Renée Greusard pour son article Santé : faut-il vraiment regarder dans les culottes des enfants tous les ans ? sur ces nombreux tweets, le Ministère de la Santé a donné l’explication suivante : « Chez le garçon, on vérifie à la naissance qu’il n’y a pas d’hypospade, puis que les testicules sont en place ou qu’ils descendent. Chez les plus grands, on regarde aussi s’il n’y a pas de phimosis. Chez la petite fille, on regarde s’il n’y a pas de coalescence des petites lèvres. »

Pour comprendre la réponse:

  • Hypospade : le trou de l’urètre n’est pas bien placé
  • Phimosis : impossibilité de décalotter
  • Coalescence des petites lèvres : elles sont collées.

Il est piquant de constater qu’aucun (futur) médecin sévissant sur twitter n’a évoqué cette raison provenant d’une instance officielle. Il est encore plus piquant de constater que les recommandations médicales précisent qu’en cas de coalescence des petites lèvres, aucun traitement n’est nécessaire. Les traitements sont en effet généralement inefficaces et traumatisants pour les petites filles (E. Thibaud, C. Duflos Unité de Gynécologie pédiatrique Hôpital Necker-Enfants Malades, « Le traitement de la coalescence des petites lèvres est inutile »).

Nous sommes donc face à une recommandation d’un dépistage de quelque chose qui ne doit pas être traité. Dès lors, pourquoi faut-il dépister ?

« Nous sommes médecins ! »

Mais revenons au déferlement de haine sur twitter. Beaucoup de tweets agressifs provenaient de personnes expliquant que puisque l’examen des organes génitaux externes était fait par un médecin, il n’y avait pas lieu de le critiquer. En d’autres termes, un enfant peut très mal vivre le fait de devoir se déculotter et se laisser examiner le sexe par un adulte, mais il suffirait que cet adulte dise « je suis médecin » pour que son ressenti change radicalement. Comme si le diplôme de l’adulte pouvait changer quelque chose à cet examen du point de vue de l’enfant.

Nombreux sont ceux qui se sont offusqués en dissertant sur ma prétendue volonté d’assimiler les médecins à des pervers sexuels, des pédophiles, des prédateurs ou des ogres des temps modernes. D’autres ont cherché à démontrer que j’étais une réac puritaine, ayant une vision « sale » de la sexualité et du corps, voire que je remettais en question la libération sexuelle. Je suis surprise de cette obstination à évoquer le caractère sexuel de cet examen chez bon nombre de mes détracteurs, alors que je ne parle que du vécu par des enfants d’un examen qui n’est pas anodin, sans pour autant avoir un caractère sexuel, et dont la justification médicale est, comme nous l’avons vu, plus que nébuleuse.

L’agressivité de bon nombre de médecins provient également de la remise en question du fait qu’ils auraient des droits très étendus sur le corps des gens, sans la moindre limite, « parce qu’ils sont médecins ». « Nous sommes des médecins » a été l’argument d’autorité le plus usité pour éviter de répondre aux questions médicales, généralement couplé avec « vous êtes une extrémiste », en sachant que je n’ai jamais eu de réponse lorsque j’ai demandé en quoi il était extrémiste d’interroger une recommandation officielle dont le fondement médical est douteux.

Le droit à l’information et le consentement libre et éclairé

Pourtant, le droit est très clair. Contrairement à ce que certains semblent croire, les médecins n’ont pas un accès illimité au corps des patients. Leurs pratiques sont, au contraire, très encadrées par la loi.

En effet, les médecins sont soumis comme tous les adultes au droit commun, et notamment aux interdictions des atteintes au corps que sont par exemple les mutilations sexuelles, l’agression sexuelle et de viol. Ils sont, en plus, soumis au code de santé publique qui impose de façon explicite le droit à l’information du patient, et le consentement libre et éclairé de celui-ci à tout acte médical. Le patient, même mineur, doit savoir pourquoi le médecin veut l’examiner et ce qu’il cherche.

Au regard de la cacophonie sur les raisons de l’examen des organes génitaux externes annuel, on peut s’interroger sur la capacité de l’ensemble des soignants à informer correctement leurs patients avant de leur demander de se déculotter. L’affirmation « je suis médecin » pour exiger qu’un patient se soumette à un tel examen ne rencontre pas les exigences du consentement libre et éclairé du patient qui doit non seulement connaitre les raisons de cet examen, mais l’accepter (ou le refuser) sans la moindre pression ni contrainte. Face au déferlement de haine et d’injures de la part de médecins qu’a suscité mon tweet, je peux douter de leur capacité à obtenir posément le consentement de leurs jeunes patientes avant d’examiner leurs organes génitaux.

A l’inverse, lorsque des patients interrogent cette recommandation sur le carnet de santé, ils ne font que mettre en œuvre leurs droits. Quand, en plus, des parents critiquent cette recommandation qui invite leurs enfants à se déculotter devant un adulte « parce qu’il est médecin » ou qu’ils les protègent en les soustrayant à cette pratique, ils veillent à transmettre à leurs enfants les fondements du respect de leur corps qui repose sur le consentement. Au-delà même de toute considération médicale, il s’agit d’un acte éducatif à l’égard des générations futures pour rendre la société plus respectueuse de l’intégrité physique des personnes et dépourvue de violence sexuelle.

Vers la fin d’une médecine patriarcale ?

Depuis plusieurs mois, le déferlement d’insultes en meute sur les réseaux sociaux est une pratique utilisée envers les féministes qui questionnent une norme de genre, si petite soit-elle (par exemple la taille des poches des pantalons). Il s’agit à chaque fois de tenter de faire taire des femmes par le harcèlement lorsqu’elles questionnent la domination masculine.

En usant des mêmes méthodes, des (futurs) médecins ont une nouvelle fois mis en évidence leur attachement à l’ordre patriarcal, au détriment du soin et du respect du patient. Ils démontrent également par leur comportement que le Haut Conseil à l’Egalité a visé juste en pointant, parmi les actes sexistes, la non prise en compte de la gêne de la patiente, liée au caractère intime de la consultation.

Heureusement, certain·es médecins sont conscient·es des rapports de domination régnant au sien de la profession, et vont jusqu’à les critiquer ouvertement. Je vous mets en conclusions les tweets d’une soignante qui abonde en ce sens, et qui, à ce titre, fait partie de celles qui préparent l’avenir

 

Lire aussi sur les réactions qu’a suscitées mon tweet:

La Coupe d’Hygie, Primum non nocere

Renée Greusard pour l’Obs, Santé : faut-il vraiment regarder dans les culottes des enfants tous les ans ?

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38 Responses to Le carnet de santé et l’examen des organes génitaux externes des petites filles

  1. Tout à fait d’accord, la domination patriarcale s’observe à plusieurs niveaux, parfois si subtils qu’ils passent inaperçus aux yeux des médecins, habitués à une certaine routine de soins dès les études sans plus se remettre en question. Ce n’est pas simple !
    Les soignants pratiquant le consentement éclairé ne font malheureusement pas partie de la majorité – j’observe un sacré contraste ayant travaillé en milieu hospitalier ‘à la chaine’ puis à domicile où c’est une toute autre approche (en tout cas dans le milieu de l’obstétrique) Merci pour cet article qui porte à la réflexion et à -je l’espère- un dialogue constructif !

    Chloé
    Sage-femme, http://www.naissancepositive.com

  2. Sophia says:

    Merci Marie-Hélène pour votre lucidité, votre intelligence et votre bienveillance à protéger nos enfants. Puisse-t-elle atteindre l’arrogance et la bêtise des médecins incapables de reconnaître, tout simplement, qu’une patiente peut avoir raison. Ça n’enlèverait en rien de leur compétence, bien au contraire. Leur intérêt est moins de soigner que de briller. Souffrent-Il d’un complexe d’infériorité? Pourquoi? Ils ont visiblement oublié leur serment d’Hypocrate : d’abord ne pas nuire. Être au service de. Nous ne sommes pas leurs cobayes, nos corps ne sont pas à leur disposition. Vous ne participez nullement à la défiance de plus en plus grande des citoyens envers la médecine. Seul leur mépris assumé des patient.e.s en est la cause.

    • Véronique says:

      Je pense, Sophia, que les médecins souffrent surtout d’un complexe de supériorité. Parce que je demandais une échographie pelvienne, mon médecin m’a répondit que c’était n’importe quoi car il fallait d’abord faire n frottis. Il a fallu que je lui explique de a à Z les raisons de ma démarche pour arriver à lui décrocher un “oui, dans ce cas…” 🙁 Je vais en changer car je ne supporte pas leur condescendance et leur infantilisation.

    • Clerc says:

      Merci pour ce texte. J ai été choquée par ce que j ai lu sur le carnet de santé de mon dernier fils. Et là je me suis dit où va-tout on? Bcp ( ms pas tous merci..) souffre du complexe de supériorité mais ils n ont pas compris qu ils étaient humains aussi. Je ferai savoir clairement à mon médecin que je ne suis pas d accord avec ce qui est écrit.

      • TemoignageMasculinVecu says:

        Sauf indiscrétion qu’y avait il de si extraordinaire d’écrit sur le carnet de santé de votre fils ?
        Je suis un homme et dès mon premier souvenir j’avais une anomalie intime à surveiller. A 13 ans j’en avait deux supplémentaires, et à à 14 ans j’en avais quatre en tout, qui nécessitaient un suivi intime définitif.
        Et ça m’a suivi partout, jusqu’à plus de 20 ans. Même pour une simple grippe il fallait y aller voir.
        Car dans les années 60 nous avions le carnet de santé de famille et nous avions la fiche de santé scolaire. Dans ces années là l’informatique n’existait pas. Tout était uniquement en papier.
        D’une pudeur presque maladive de naissance jusque vers 25 ans, j’ai dégusté !

        • TemoignageMasculinVecu says:

          Mes anomalies à surveiller étaient inscrites par ordre chronologique d’apparition. Et dans mon cas figuraient toutes les quatre en tête de liste. J’ai eu d’autres anomalies à surveiller ensuite, mais qui sont arrivées après et qui donc figuraient après sur la liste.
          C’est assez humiliant d’avoir sur sa fiche et son carnet de santé quatre anomalies intimes en tête de liste. Et de traîner ça partout. Ca tient compagnie …
          Ma mère et les personnels médicaux y avaient accès. Et tout le monde savaient que j’allais être obligé de baisser ou retirer mon slip, même à plus de 20 ans. Quel que soit le motif de la visite.
          Il est évident que des secrétaires ont pris plaisir à découvrir dans quelle situation je me trouvais. Elles me regardaient, nous pensions à la même chose. Elles savaient que je savais, et réciproquement, ce qui m’attendait. Et qu’elles allaient pouvoir profiter du spectacle. En plus je n’aimais pas ça et ça se voyait. On m’a crié après très tard.

  3. Virginie says:

    Je suis la seule dérangée par le “mesurée et pesée déshabillée” est-ce vraiment nécessaire de foutre un gamin nu pour le mesurer et le peser ? Et sa pudeur ? On pourra certes rétorquer que ça peut permettre de voir des traces de violences physiques, mais comme vous l’avez rappelé les personnes responsables de violences se débrouillent pour soustraire leurs enfants aux examens médicaux.
    A part pour un examen dans le cadre d’une pathologie je n’arrive pas à voir l’utilité de cet acte …

    • TemoignageMasculinVecu says:

      Je suis un homme et dans les années 1950 je suis passé complètement nu sur la balance et sous la toise, entre 2 et 4 fois par an, de mon premier souvenir jusqu’à plus de 9 ans, chez mon premier médecin de famille. Etant donné mon peu d’empressement à obéir et à me laisser faire en raison de ma pudeur extrême presque maladive, qui ne m’a pas quitté jusque vers mes 25 ans, c’était ma mère qui me déshabillait elle même en arrivant. Elle retirait tout à chaque fois, même les chaussettes. Assumes mon fils !!
      Dans ces années là et jusqu’aux années 60 et même après, c’était une habitude considérée par tout le monde comme normale. Même si ça impressionnait beaucoup tout le monde, et même si ça comptait beaucoup silencieusement dans l’esprit de la foule. Car dans ces années là on y passait tous et toutes. Certain(e)s supportaient mieux que d’autres.
      J’ai subi à 2 ans et demi une circoncision boucherie qui était une habitude dans ces années là, inquiétante dans mon cas, avec de grands risques de déchirures graves, et une évolution incertaine à surveiller. Donc à chaque visite, même pour une simple grippe, il fallait aller voir plus bas.
      Je devais aussi marcher tout nu dans la salle d’examens, sur plusieurs mètres et faire des aller et retour, Ensuite c’était la table d’examens et c’était brutal et sans ménagement.
      Ma mère me donnait l’exemple. Elle savait le parcours qui m’attendait dans ces années là. Effectivement, à chaque fois que je suis passé devant un médecin jusqu’à plus de 20 ans, c’est à dire une cinquantaine de fois, je me suis retrouvé automatiquement slip baissé sur les pieds ou nu. La majorité était à 21 ans ce qui facilitait les choses. Le gamin de 20 ans était une référence. Le service militaire ensuite, le Conseil de Révision, les Trois jours, puis les bizutages traditionnels, connus pour être les pires qui soient. Et dans ces années là uniquement sexuels à cause de la répression épouvantable de tout ce qui était sexe et nudité, dans une société civile catholique à outrance. Et aussi pour aguerrir les futurs soldats. Mais l’aguerrissement n’était qu’un prétexte.
      Je suis resté marqué à vie. Ma vie intime a été orienté définitivement. On ne peut pas oublier.
      Plus de 50 ans après grâce à internet, je retrouve des gens nombreux dans mon cas. Et ce sont des gens de toutes catégories sociales. Des gens les plus ordinaires aux cadres supérieurs.
      Dès les années 1980, et grâce au minitel, des clubs se sont formés.
      C’est ce qu’on appelle “Le fantasme blouses blanches et slip de coton blanc”.

    • TemoignageMasculinVecu says:

      Les anciens dont je suis peuvent vous le dire, il existe deux catégories bien connues de médecins : les modernes, et ceux qui pratiquent à l’ancienne.
      Ceux qui pratiquent à l’ancienne c’est tous les jeunes tout nus dès le départ.
      Dans les années 50 et 60 c’était toujours partout comme ça.
      Même pour les visites scolaires. Dans certains établissements les garçons de tous âges de 10 jusqu’à 19 ans, devaient retirer leurs slips devant tous les copains dans le vestiaire, et attendre debout tout nus devant la porte de la salle d’examens, que le précédent ressorte – tout nu lui aussi – pour rentrer à leur tour. Aussitôt qu’il y en avait un qui rentrait tout nu dans la salle d’examens, un autre était désigné pour se lever et retirer son slip devant tous les autres qui attendaient assis, et attendre debout devant tout le monde, le temps qu’il fallait, que le précédent ressorte. Quand on sait à quel point les examens étaient longs dans ces années là car très complets, on comprend combien de temps ceux qui attendaient assis en slip pouvaient tous contempler les fesses devant eux de celui qui attendait nu debout devant la porte de la salle d’examens. Toute une classe (dans ces années d’après guerre toujours entre 38 et 44 élèves) comme ça, chacun leur tour, tout une matinée prolongée ou toute une après midi. Chaque élève passait souvent 10 minutes à la montre dans la salle d’examens. Dans les salles d’examens de ces années là le slip n’avait pas sa place, n’avait pas à exister. Surtout qu’il n’existait uniquement que des grands slips coton blanc, ouverts ou fermés, qui montaient très haut, et qui empêchaient des examens très complets. En 1947, 700 000 naissances par an en France, avec un manque très grave de professionnels à cause de la guerre. Plus la nécessité impérative (priorité nationale), de diminuer le nombre des décès et des infirmités chez les jeunes, qui était encore un fléau pour tout le pays. Dans un pays très pauvre à cause de la guerre (les bombes ont tout détruit pendant quatre ans, avec des millions de morts), qui ne pouvait pas se permettre comme aujourd’hui d’entretenir des millions d’inactifs.
      Dans ces années là c’était des pratiques habituelles considérées comme normales, et qui ne choquaient personne.
      Dans une société environnante avant tout catholique à outrance, extrêmement répressive, où absolument tout ce qui avait rapport à la nudité et au sexe était complètement interdit. Et où les jeunes recevaient en principe une éducation très stricte.
      C’était une épreuve terrible pour nous tous, un véritable calvaire pour les plus pudiques dont j’étais. Dans certains établissements les visites se déroulaient avec un mélange de plus jeunes avec des plus grands, jusque dans la salle d’examens, pour que les grands donnent l’exemple aux plus jeunes pour les encourager, pour qu’ils n’aient plus qu’à faire comme eux.
      Le nombre des décès, l’hécatombe, et la multitude d’infirmités à vie chez les jeunes, impressionnants, justifiaient de telles mesures. Et c’était dans toute la France pareil. Dans les années 1980, les progrès de la médecine, de l’alimentation, du sport et de l’hygiène, ont abouti à la quasi disparition des contrôles médicaux chez les jeunes.
      Mais il ne faut pas oublier une réalité quotidienne et une véritable organisation, une institution dans toute la France, qui a durée 140 ans de 1850 à 1985.

    • TemoignageMasculinVecu says:

      Pour nous les garçons dans les années 1950, 60, 70, et même 80, il y avait en plus une raison très justifiée, c’était la préparation au service militaire.
      Et LE problème, c’est la pudeur !!
      Car pour être un bon militaire il est absolument indispensable de savoir oublier complètement toute sa pudeur. A l’improviste, immédiatement, sur ordre, et devant n’importe qui et peu importe devant le nombre de gens.
      Et ça ne s’apprend pas en 8 jours !
      Surtout dans la société répressive de l’époque, avec l’éducation stricte que nous recevions pour la plupart. Aux antipodes de celle d’aujourd’hui. Société et éducation qui favorisaient et encourageaient les pudiques extrêmes dans mon cas, à le rester et à le devenir de plus en plus.
      Dans les salles de classe les professeurs nous parlaient souvent de notre service militaire et de ce qui nous attendait.
      Pour cette raison les médecins nous laissaient nus le plus longtemps possible, et souvent les uns devant les autres, à tout âges. En se moquant aussi que n’importe qui puisse nous regarder de l’extérieur par les fenêtres.
      Il y avait ceux dans mon cas qui allaient être amenés à subir plus que les autres des examens très intimes (ma mère me le laissait clairement comprendre), mais il y avait aussi les nécessités de la formation militaire qui nous attendait. On nous le disait souvent : “Au service militaire comment tu vas faire ??”.

      • TemoignageMasculinVecu says:

        Toujours dans le but de pouvoir procéder à des examens les plus complets possibles, et en même temps de tourmenter le plus possible la pudeur des jeunes garçons de 18 ans pour former les futurs soldats , étaient organisés les Conseils de Révision tout nus à 18 ans dans les mairies.
        Courant années 60 pour la même raison ont été créés les Centres de sélection militaires pour “Les trois jours”. Afin de réaliser des examens plus complets. Forcément succincts dans les mairies. Et les douze centres de sélection dans toute la France étaient chargés de rivaliser d’imagination entre eux pour éprouver le plus possible la pudeur des futurs soldats.
        En mairie c’était quasiment public. Devant tous les notables de la ville, du départements, les familles, les invités, etc. Eventuellement le spectacle pour les voisins en extérieur par les fenêtres.
        Dans les centres de sélection, un étage dans une caserne était aménagé pour ça, qui ne servait qu’à ça, et qui restait installé et équipé 24h/24 et 365/365. C’était impressionnant. Surtout les procédés mis au point pour tourmenter la pudeur des tout nus.
        Les centres de sélection étaient aux mairies ce que les centres médico-scolaires étaient aux infirmeries scolaires. J’ai connu les deux, je peux en parler. Redoutables !
        Pendant quelques années les conseils de révision en mairies et les centres de sélection ont existé ensemble. Tous les jeunes garçons de 18 ans devaient passer d’abord en centre de sélection et ensuite en mairie. Tout nus à chaque fois c’est évident.
        Les sursitaires pour raison de santé devaient revenir en centre de sélection et mairie l’année suivante. Mais jamais plus de trois fois de suite en centre et en mairie, trois années de suite.
        Tout nus à chaque fois c’est évident les uns devant les autres et devant tout le monde.
        Dans toute la France les contrôles scolaires, les conseils de révision et les trois jours en centres de sélection étaient légalement obligatoires. Tous les jeunes garçons de 18 ans sans aucune exception ne pouvaient y échapper.
        Avec à chaque fois examens détaillés du sexe et des fesses.
        Le recensement de tous les jeunes garçons de toute la France était obligatoire à 16 ans. Le conseil en mairie ou/et les trois jours, c’était à 18 ans. Et tous ceux reconnus aptes au service militaire devaient être incorporés obligatoirement à 20 ans, sauf sursis accordé exceptionnellement par monsieur le Préfet.
        Comme deux ans s’écoulaient entre le conseil les trois jours à 18 ans et l’incorporation à 20 ans, à partir du début des années 70, il y a eu partout une nouvelle visite médicale le jour de l’incorporation. Tout nu devant n’importe qui, à nouveau.
        Pendant les semaines et les mois qui suivaient l’incorporation à 20 ans, quotidiennement, les engagés et les anciens “formaient” les nouveaux arrivants à l’impudeur totale. Et dans le contexte social répressif de ces années là, c’était un prétexte pour beaucoup plus. Bizutages-formation quotidiens où tout était possible. Véritable foire aux garçons pour les ainés. C’était le loisir préféré quotidiennement dans les trois centres militaires où je suis passés en trois mois. Environ 500 soldats de tous âges dans chacun des trois. L’amusement permanent de tous les anciens. Venir jouer avec l’intimité des nouveaux arrivants. Ils pouvaient absolument tout se permettre. Sans aucun risque que ça se sache un jour. Et sans risque d’être inquiétés. Aux douches, aux wc, et surtout le soir, c’était une véritable organisation.

        C’était l’horreur totale ! Un martyr, le calvaire !! Pour ceux dans mon cas en particulier, physiquement différents et en même temps trop pudiques. Les contrôles médicaux en bien pire.

        • TemoignageMasculinVecu says:

          J’ai été réformé après trois mois de service militaire pour raison de santé, et mon père a très bien fait d’aller voir un avocat. Mon procès a eu lieu après ma sortie des hôpitaux militaires,début années 70.
          Les “bizutages-formation” que j’ai subis quotidiennement pendant trois mois n’étaient pas la cause de mes problèmes de santé.

          En 1947, 700 000 naissances par an. 20 ans après les casernes étaient trop petites pour accueillir trop de jeunes appelés trop nombreux. Et en même temps des effectifs d’encadrement notoirement très insuffisants. Car nous étions toujours dans l’après guerre.
          Une foule de militaires, entièrement livrés à eux mêmes, sans aucune surveillance, ni aucun responsable. Tous les jours entre 17h et 6h du matin, et week end et fériés. La fête n’avait pas de limites. Dont les nouveaux arrivants étaient les victimes.

          • TemoignageMasculinVecu says:

            Dans chaque caserne il y avait plusieurs centaines de militaires de tous âges, qui venaient de toute la France. Qui ne se connaissaient pas, qui se trouvaient ensemble par hasard, pour très peu de temps. Sans aucune chance de se revoir un jour.
            On changeait tous de caserne souvent.
            Nous étions une vingtaine de nouveaux arrivants, toujours groupés ensemble et dans la même chambrée, quand nous changions de centre. A chaque fois au milieu de 500 soldats. Qui pouvaient faire de nous tout ce qu’ils voulaient.
            On nous avait annoncé dès notre arrivée que les infirmeries et les hôpitaux militaires étaient très accueillants, pour ceux qui refuseraient de se laisser faire. Donc merci de absolument tout subir bien docilement, et de se laisser déculotter aussi souvent que demandé par n’importe qui. Dans la 2ème caserne c’était tous les soirs. Dans cette nouvelle caserne tous les soirs les nouveaux étaient “présentés” par les anciens.
            La majorité était à 21 ans dans ces années là. Mais ils s’en moquaient complètement ! Et c’était des engagés de 30-35 ans qui dirigeaient “la formation”. C’est Giscard d’Estaing qui a ramené la majorité à 18 ans en 1974.

          • TemoignageMasculinVecu says:

            Au moment de mon procès contre les militaires on a quand même rappelé qu’il existe le respect de la dignité humaine. Ils ont commencé à sodomiser les nouveaux partout en France vers 1972, et ça a duré presque 20 ans !! Deux articles de 1/2 page dans Le Figaro, vers 1976 et 1987. Les familles allaient voir un avocat pour leur fils blessé. Une seule blessure, toujours la même : déchirure de l’anus.
            On aurait presque pu en faire autant avec les médecins enfants et ados. Qui nous tourmentaient presque tout autant.
            Après le calvaire médical pendant plus de 15 ans, c’était le calvaire militaire.
            Avec les deux c’était du harcèlement.
            Dans ces années là une multitude de jeunes garçons ont suivis ce même parcours.

          • TemoignageMasculinVecu says:

            Les moins de 50 ans n’ont pas connu ça. Et ces dames, même de 60-70 ans, sont très peu nombreuses à le savoir. Et ça toujours été organisé complètement différemment selon les endroits et selon les années.
            Parce que les victimes, et les auteurs des faits, n’ont jamais été très pressés de le faire connaître, on comprend pourquoi !!

            C’est pour cette seule raison que je me permets de m’étendre sur le sujet. Tout le monde n’accepte pas d’en parler, et n’en a pas la possibilité.
            Et ce n’est vraiment possible que depuis qu’internet est utilisé partout par tout le monde. En plus c’est un réseau mondial beaucoup moins censuré que le Minitel.

          • TemoignageMasculinVecu says:

            Les anciens qui acceptent de témoigner de la Petite Histoire inavouable, et qui peuvent le faire, sont de plus en plus rares. Et ils ne seront bientôt plus là. Il n’y a que des non professionnels qui peuvent le faire, et uniquement par internet, et anonymes.

  4. Christine says:

    “Ne fais pas à autrui ce que tu ne souhaites pas que l’on te fasse” dit l’adage populaire. Qui aimerait pour son certificat médical d’aptitude sportive subir un déshabillage intégral pour la pesée par exemple ? Juste pour observer que tout va bien…Je me dois de protéger mes enfants des prédateurs en tout genre…Si quelqu’un pratique ainsi aujourd’hui la médecine en niant le ” primum non nocere” ce quelqu’un doit montrer l’exemple ! A poil cet abruti pour inverser l’asymétrie abusive…Je fais valoir la loi Kouchner…Si certains médecins sont indécents peut être est-ce possible car nous ne nous positionnons pas clairement…Agissons notre rôle de patient sujet et non objet. Honnêtement je ne connais pas de professionnels capables d’une telle demande en cabinet sans signe d’alerte préalable… Cela me paraît tellement outrancier ! Croyez vous vraiment que cela puisse exister aujourd’hui ?

    • TemoignageMasculinVecu says:

      Dans les années 1970, et encore plus dans les années 1950 et 60, il était impossible que ça se sache, et les témoins et les victimes ne pouvaient rien faire savoir. Ni se concerter. Internet n’existait pas, c’était exactement le contraire.
      N’importe quel professionnel(le) déviant, ou n’importe quel prédateur authentique, homme ou femme, pouvait agir en toute tranquillité pendant des années, sans jamais être inquiété, et sans que personne puisse le savoir un jour.
      Il existe différentes motivations pour choisir un emploi. Ce que j’ai connu ce sont des gens aux motivations inavouables, qui ne se connaissaient pas auparavant, et qui par hasard se retrouvent pour travailler ensemble.
      Ou qui se retrouvent par hasard pour agir ensemble.
      Formation mutuelle et réciproque avec ceux et celles qui sont expérimentés, qui ont la pratique et qui connaissent les meilleurs procédés. Donner l’exemple aux autres, leur montrer comment on fait.
      L’émulation est de chaque instant.

      L’arrivée du Minitel en 1986, et de internet années 90, était totalement imprévisible. Avec leur anonymat providentiel. Auparavant c’était une époque de rêve pour les vocations inavouables.

  5. Aaca says:

    Merci pour l’information…
    oulà, vous me faîtes peur…

    Moi qui justement, avait peur, que si l’enfant que je porte est un garçon, il ait à subir l”examen” de ses parties intimes, comme je voyais mon frère le subir, hurlant et pleurant quand j’étais enfant… Un réel traumatisme pour moi…

    Déjà, j’aime pas le médecin que ma fille de 2 ans a en ce moment, faut absolument qu’elle examine, et ouvre, même si le problème est juste une suspicion de vers intestinaux, ou un érytème…Mon ancien pédiatre, avec tout ce que je lui reprochais n’a jamais fait cela…J’ai honte, car j’ai rien dit, et désert médical, on peut pas changer de médecin…

    Et bien maintenant, j’apprends que ma fille devrait subir cela tous les ans, jusqu’à 18 ans…C’est inhumain… Et comment la protéger quand se sera des examens scolaires?
    Les parents seront pas là…

    J’ai déjà d’affreux souvenir de visites scolaires en slip…heureusement que que àa n’a pas été plus loin que la 6e, et que personne n’a osé mettre sur mon carnet de santé “poils pubiens”…
    Franchement, j’aurais subi quelque chose comme cela, j’aurais été traumatisée à vie. Adolescente, forcément, mais même enfant, j’imagine, car même avant l’heure de la pudeur en famille, en société c’est différent…

    Franchement, et à quoi ça sert, de regarder les organes génitaux pour voir si poils ou pas? D’abord, voir d’autres signes pubertaires… Si pas de développement mammaire, il ne sert à rien d’aller voir si il y a des poils (et quand bien même, les poils sous les aisselles sont plus facilement visibles), car ce ne peut être une puberté précoce, mais seulement un signe pubertaire isolé (donc non “pathologique”).

    On n’a pas a accepter n’importe quoi sous prétexte de médecine, de traitement; et on est tout en fait en droit de refuser tout diagnostic et toute pathologisation.

    J’en ai fait les frais pendant ma 1ere grossesse, et c’est très très dur de vivre après un traumatisme d’examen intime non souhaité…

    Plus sérieusement, peut on refuser ses visites pour ses enfants? et dans le cadre de l’école?

    • TemoignageMasculinVecu says:

      Exact : il faut aussi assister à ce que subissent les autres. Et ça dure très longtemps à chaque fois. La soeur qui assiste à ce que subi son frère pleurant et hurlant, c’est exactement ce que j’ai vécu à chaque fois, surtout dans mon cas. Sauf que l’autorité de ma mère limitait beaucoup mes réticences.
      Aux visites collectives nous attendions en slip pendant des heures les uns contre les autres. Ca criait fort et souvent dans la salle d’examens à côté. Compatissants, nous savions tous ce que ça voulait dire. Après 15 ans ça criait moins, et presque plus vers 18 ans.
      A chaque visite collective il fallait assister à ce que subissait les autres. Les fesses nues des copains, on ne peut pas les oublier.
      Aux bizutages du service militaires le spectacle était pire encore.

      Mais dans les années 50-60 et 70, on ne demandait pas l’avis ni la permission des parents. Les parents étaient soigneusement tenus très à l’écart, pour qu’ils n’assistent pas à ce qu’on faisait à leur fils ou à leur fille. Et c’était justifié par des mesures de santé publiques indispensables et légalement obligatoires. Depuis toujours la mortalité des jeunes et les jeunes estropiés à vie c’était un fléau national dont les pouvoirs publics étaient obligés de s’occuper en priorité. Les contrôles étaient obligatoires, et il fallait baisser ou retirer son slip sur demande sans aucune hésitation. On essayait de nous donner l’habitude depuis tout jeunes. Mais innombrables étaient ceux dans mon cas qui ne pouvaient jamais l’accepter.
      Sur ma fiche de santé scolaire comme sur mon carnet de santé familial, figurait bien en évidence la liste complète par ordre chronologique d’apparition de toutes mes anomalies entre autres mes 5 ou 6 anomalies très intimes. Que chaque secrétaire médico scolaire lisait à haute voix à chaque fois que j’arrivais en slip devant une blouse blanche homme ou femme. Puisqu’à partir de mes 14 ans j’en avais définitivement cinq. Et ça m’a suivi partout.

      Malheureusement, la nature est faite de telle sorte que ce sont les endroits du corps les plus intimes qui sont les plus compliqués et les plus fragiles. Et donc qu’il faut surveiller le plus.

      J’ai connu moi aussi les campagnes isolées où la concurrence est à 100 km. N’importe quel(le) professionnel(le), n’importe quel notable peut faire tout ce qu’il/elle veut. Ce qui explique en partie tout ce que j’ai subi. En plus mon père était un commerçant réussi, donc dans un bled payé pour ramper. Donc subir n’importe quoi sans un mot.

    • TemoignageMasculinVecu says:

      Ne vous plaignez pas, de nos jours ce n’est rien du tout comparé à ce que nous les anciens nous avons subi !
      En plus vos fils n’auront pas à subir le service militaire obligatoire.
      Vous vivez un paradis.
      Ca a duré 140 ans quotidiennement dans toute la France de environ 1845 à 1985.

  6. Christine says:

    Bien sûr que vous pouvez refuser ce genre d’examen. Loi Kouchner…. Protégez vos enfants…. Moi je rédige une attestation pour l’établissement scolaire mentionnant que je ne souhaite pas que mon fils soit examiné ni reçu en consultation. Aucun souci…. Nous sommes libres même si nous ne le faisons pas suffisamment valoir ! Je ne transmets jamais le carnet de santé bien évidemment… Vous êtes responsable de votre enfant. Soyons ferme !

    • Aaca says:

      Merci beaucoup!

      Et je suppose qu’on est toujours prévenu à l’avance?

      Et peut on accepter qu’il soit reçu, mais pas déshabillé entièrement, ni examiné intimement, par exemple?

  7. Christine says:

    Légalement vous devez être informée effectivement. Je pense qu’il vaut mieux refuser pour éviter à votre enfant de devoir justifier votre positionnement. On pourrait vous suspecter de la maltraitance ! Par ailleurs je connais un enfant mince certes avec questionnement intrusif pour savoir s’il était bien nourri. Suspicion…Ecrite sur carnet de santé car l’imc est vérifié…Une infirmière pensant bien faire et des parents se sentant jugés…Un enfant au milieu de tout cela mal à l’aise…Le déshabillage est aussi psychologique! Chacun est juge.

    • Aaca says:

      Merci Christine!

      Oui, ça se tient, je pense que vous avez raison. Mieux vaut refuser tout examen à l’école, car de toute façon on sera pas là pour vérifier ce qui s’y passe!
      J’espère que mon mari sera du même avis.

      L’enfant mince, j’ai déjà donné en tant que mère…

      Et l’enfant pas dans les normes, j’ai connu cela moi-même. j’aurais vécu comme un traumatisme qu’on veuille pousser des examens pour cela.

  8. diniz says:

    Bravo et merci ! (tous ces systèmes de pouvoir qui nous gouvernent sont atroces et… juste *normaux*, litéralement, dans notre civilisation) (et ça ne devrait pas être aux parents non plus de décider à la place des enfants)

  9. Beaufils says:

    Je dois reconnaître que cet article se tient et que au vu de mes connaissances et de vos arguments il n’y a probablement pas de raisons de faire un examen systématique des organes génitaux externes des filles et garçons jusqu’à l’âge de 18 ans. J’aimerais cependant attirer l’attention de vos lecteurs et lectrices sur le fait que si un de vos article se tient, ce n’est malheureusement pas le cas de la grande majorité de ceux que j’ai pu lire sur ce blog. En effet entre celui qui dénigre la péridurale, celui minimise le risque de la procidence du cordon et celui de l’hémorragie de la délivrance vous écrivez beaucoup de choses qui n’on rien à voir avec la réalité et mettent en danger les patientes qui vous lisent (de mon point de vue c’est leur problème chacun est en droit de se mettre en danger s’il le veux, ce qui est plus embêtant c’est qu’il y a un nouveau-né qui va en pâtir).
    Pour ce qui est des réactions de mes collègues à cet article-ci elles sont clairement inappropriées. Cependant je les attribue à une réaction viscérale consécutive à un ras le bol d’une majorité de soignants de se tuer littéralement à la tâche et de récolter sur votre blog vos commentaires cinglant et la plupart du temps dénués de fondement. Cela ne constitue en rien une excuse et je reconnais avec plaisir que cet article ci me paraît être un apport pour un meilleur traitement des patients.
    Cordialement.

  10. Olivia says:

    Je suis très en accord avec presque tout ce qui est dit, MAIS…
    Je travaille, en France, avec des enfants et jeunes filles d’origine subsaharienne.
    Et le risque que certaines d’entre elles reviennent de vacances au pays de leurs parents en ayant été excisées existe réellement.
    Seule parade que nous avons, en tant qu’éducateurs : prévenir les parents, l’air de rien, que leurs filles seront examinées la prochaine fois qu’elles verront le médecin, et qu’ils seront jugés responsables. Parce-que, non, il ne suffit pas de demander aux enfants. Les plus petites filles ne savent pas ce qu’on leur a fait, oublient (refoulent?), pensent qu’elles ont été “rectifiées” parce-que quelque chose n’allait pas, chez elles spécifiquement.. Les grandes peuvent être dans un très douloureux conflit de loyauté.
    Ça n’empêche pas de rechercher le consentement des patientes de tous âges pour regarder dans leur culotte, bien sûr!

    • Sabine says:

      Il faut arrêter de tout confondre. Il n’y a aucune relation entre le fait qu’une fille sub-saharienne se fasse exciser et le fait de tirer les culotte des millions de jeunes enfant française.

      Combien de filles avez-vous pu sauver en menaçant les parents?

  11. Den smith says:

    Bonjour ,

    J’ai regardé votre site Web marieaccouchela.net et je trouve le contenu interessant http://marieaccouchela.net/index.php/2019/10/18/le-label-bientraitance-du-cngof-de-la-poudre-aux-yeux-pour-ne-pas-changer-les-pratiques/. De manière
    similaire, je souhaiterais écrire un article informatif avec une URL qui ajoutera une valeur significative à
    votre site web et interesserait vos lecteurs.

    Aussi, je vais vous payer pour publier ce contenu sur votre site.

    S’il vous plaît laissez-moi savoir les options de prix possibles.

    Den smith

  12. Kris says:

    Il y a 15j, nous avons eu des mots avec la pédiatre de notre fille (une femme) car elle écarte le sexe et les fesses de notre fille 😡 de 3 mois.

    Nous lui avons dit que nous étions pas d’accord et elle a répondu que ça serait comme ça à chaque fois jusqu’à la fin du suivi (16/18 ans) que l’on soit d’accord ou pas, qurAutant dire qu’on change de praticien !

    C’est en demandant sur un forum de mamans si d’autres sont confrontées à cela que j’ai découvert que c’était écrit dans le carnet 😡 j’ai donc rayé les mentions disant d’inspecter les organes génitaux et j’ai écrit PROPOSER en rouge et j’ai rayé les “déshabiller”.

    • TemoignageMasculinVecu says:

      Effectivement on m’a écarté les fesses presqu’à chaque fois jusqu’à plus de 18 ans. Ils et elles s’y prenaient de différentes façons.
      Début années 60, à 11 ans en cm2, dans le premier centre médico-scolaire que j’ai connu, la doctoresse procédait uniquement à trois examens chez tous les garçons, à 9-10 ans comme à 18 ans : le stéthoscope, ensuite slip baissé sur les pieds, le sexe et les fesses. La dame était connue. Ca a duré des années et des milliers de garçons de tous âges sont passés devant elle, et beaucoup plusieurs fois.
      Tout le monde savait comment elle faisait. Chaque garçon passait six minutes à la montre avec la doctoresse et toujours la même secrétaire. Le slip descendait presque tout de suite. Elle passait autant de temps avec les fesses qu’avec le sexe. Elle commençait toujours par les oeufs tout le monde était au courant. Pour les fesses le garçon avait le nez sur la porte d’entrée grise . Elle enfonçait ses deux pouces très loin dans le bas de la raie jusque sur les plis de l’anus, et elle tirait largement sur les deux fesses alternativement et ensemble. C’était interminable. Comme pour le sexe elle s’y reprenait à plusieurs fois et semblait chercher quelque chose qu’elle ne trouvait pas.
      C’est la première visite médicale scolaire que j’ai connue, j’ai tout de suite été mis dans l’ambiance ! La première à 11 ans c’était extrêmement tard dans ces années là.

      • TemoignageMasculinVecu says:

        Tous les garçons de tous âges qui passaient avec cette doctoresse se sont toujours demandé ce qu’elle faisait aux filles.

  13. TemoignageMasculinVecu says:

    En 1946, tout à fait par hasard et uniquement pour raison professionnelle, mes parents étaient arrivés dans une ville isolée de 30 000 habitants, le reste de la France à 100 km.
    Le notable, mâle ou femelle, qui crache à la figure des gens.
    Comme sur une île déserte.
    La restauration de l’Ancien Régime.

  14. TemoignageMasculinVecu says:

    Années 1950-60-70, nous avions à faire à de véritables organisations. C’était impressionnant. La plupart du temps dans des locaux et avec un mobilier spécialement pour ça.
    Tout avait été étudié avec beaucoup de soin et prévu d’avance. Nul(le) ne pouvait y échapper. Nous avions à faire à des équipes spécialisées, qu’on ne voyait qu’à ces moments là. Qui étaient un peu sadiques il faut en convenir.
    Pour les bizutages-formation-aguerrissement du service militaire, aussi.
    Pour les conseils de révision et les trois jours c’était pareil.
    Certains centres de sélection pour les 3 jours étaient organisés avec une ingéniosité hors du commun. C’était le cas du centre de Mâcon où je me suis retrouvé tout nu avec beaucoup d’autres tout nus. Nous avions tous 18 ans. C’était dans la 2ème moitié des années 60.

  15. TemoignageMasculinVecu says:

    Il y a une soixantaine d’années, avec les jeunes garçons beaucoup de médecins hommes se moquaient complètement d’être vus de n’importe qui depuis l’extérieur par des fenêtres ou par des baies vitrées sans rideaux. Aussi bien quand ils procédaient en sous sol comme c’était souvent le cas, en rez de chaussée ou dans les étages.
    Beaucoup de gens étaient scandalisés. Non seulement qu’il soit possible à n’importe qui de regarder ce qu’il faut bien appeler un défilé obscène. Mais aussi par ce qu’on faisait subir aux jeunes garçons dans ces années là : l’école du vice.
    Les textes prévoyaient que les conseils de révision devaient être publics.

    • TemoignageMasculinVecu says:

      Pour avoir vécu ça deux fois à 19 ans et à 20 ans, je peux dire que c’est horrible !
      Sachant très bien qu’il y a forcément des gens qui regardent.

      Beaucoup de jeunes garçons de ces années là vivaient un véritable calvaire de leur premier souvenir jusqu’à plus de 20 ans.
      Il y a de quoi changer et orienter définitivement la vie de quelqu’un.

  16. Laurencja says:

    Ce billet m’a fait réfléchir à des pratiques que j’ai subies enfant, comme beaucoup, mais qui me semblaient normales (dans le sens de la norme). J’en ai parlé avec mon mari (du Mexique) pour décider de ce que nous ferions avec nos enfants concernant ces visites : il était extrêmement choqué, m’a dit qu’au Mexique, ce serait considéré comme du viol, du voyeurisme dans le meilleur des cas, et qu’il était hors de question que nos enfants y soient soumis. Là-bas, on pèse les enfants avec leur pantalon (sans le T-shirt). C’est toujours intéressant de faire référence à des cultures qui font autrement.

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